mardi 18 octobre 2016

Tuléar vu par le romancier Georges Lejamble

... Sur le rivage en pente très douce d'autres goëlettes sont échouées sur la vase sableuse où courent des crabes minuscules à la pince disproportionnée. Des bateaux de dix à quinze mètres, pansus, à la peinture écaillée. Sur certains un ou deux hommes s'affairent, une fumée s'élève de ce qui paraît être un foyer à l'avant, avec une marmite dessus. A l'arrière une cabine d'environ un mètre cinquante de long fermée par une petite porte donnant sur la poupe, devant la barre du gouvernail. ...

Georges Lejamble : Les Chênes de la Place Colbert, Imprimerie de Madagascar, 1990, p. 147.
Georges Lejamble, né au Havre en 1920, a suivi ses parents à Madagascar dès l'âge de deux ans. Il a publié deux romans autobiographiques avec un vrai sens de la description des paysages et des situations. Une mine d'or pour qui souhaite se plonger dans l'étude du Madagascar de la colonisation.

lundi 17 octobre 2016

Vohilava, vers un nouveau Soamahamanina ?

Sur les rives de l'Itsaka, Vohilava [21°4'S - 48°00'E] est un petit bourg situé sur la façade orientale de Madagascar, à une soixantaine de kilomètres de Mananjary à l'intérieur des terres. Ancestralement on y pratique la riziculture mais depuis quelques temps des opérateurs étrangers retournent les alluvions à la recherche de l'or. Ils en retireraient de grosses quantités, sans que la population de Vohilava ne bénéficie de quoi que ce soit, sinon de la pollution de l'eau de la rivière. Le comportement des orpailleurs est également mis en question. Les lanceurs d'alerte sont les experts du CRAAD-OI. Les services de l'Etat vérifient l'information dont s'est emparée la presse. Après quelques courtes années d'euphorie, les populations rurales de Madagascar  découvrent que la soi-disant richesse minière du pays n'est qu'un leurre ne  profitant en fait que très rarement à la population rurale locale. 

Vohilava, image satellitaire fournie par Google earth
 

samedi 15 octobre 2016

Le boom de la « musique urbaine malgache » : II - Vers l’excellence


Si le reggae s'est implanté en douceur depuis quelques décennies à Madagascar comme dans d'autres pays du monde, la culture hip-hop est parti à l’assaut de la capitale malgache dans les années 90. Les premiers groupes de rap comme Diôsezy et Da Hopp ont certes marqué l’histoire artistique malgache mais ils n’ont pas créé d’oeuvres notables, trop pris dans l’adaptation de ce qui existait ailleurs. Les meilleurs groupes actuels au contraire sont à l'origine d'un son typiquement malgache, la quasi-perfection étant atteinte avec le « Ilay Dihy » de Kougar
Chanteurs et groupes s’appuient sur une multitude de labels menés par des personnes reconnues pour leurs compétences. On peut prendre l’exemple de Gasy Ploit Entertainment et de Don Smokilla qui ont repéré le talent d’Odyai, d’Agrad et de Skaiz ou celui de Ramo Records et de Faniry Andrianavalonome alias Ramo. 
Tous ont compris l’importance de l’image. Aussi font-ils désormais appel à de vrais professionnels pour réaliser leurs clips. Nous prendrons l'exemple de Sylvanno Ratsimandresy. Chacun de ses clips est un véritable petit bijou qui met en valeur un chanteur ou une chanteuse mais aussi les paysages de Madagascar et ses habitants jusqu'aux plus pauvres conviés à participer. Nous avons pris deux exemples :

 

Mijah : Ataovy hoe ny dihan'Mijah

Marion : Diavolana

Les nombreuses personnes filmées dans ces clips très colorés pris dans un bas-quartier et dans un village de l'Imerina irradient  d'un bonheur communicatif, d'autant plus que l'humour a une bonne place. L'emploi de drones est faite judicieusement pour magnifier des endroits où n'entrent jamais de touristes. On peut être sûr que si ces clips de Sylvanno Ratsimandresy étaient davantage regardés, ils pourraient apporter une petite contribution  à l'économie du pays en améliorant l'image de Madagascar à l'étranger





samedi 8 octobre 2016

Le boom de la « musique urbaine malgache » : I - D’Agrad à Mr Sayda



Tana (Antananarivo), la capitale malgache, a longtemps été connue pour la qualité des groupes perpétuant la musique traditionnelle et celle de ses chorales animant les offices religieux, surtout protestants, voire catholiques. La musique de variété a hérité des qualités de ces chorales : belles voix et belles mélodies. Mais le genre en vogue possède un côté sirupeux qui le rapproche curieusement de la musique de variété asiatique. 

Même si la coexistence reste de règle, aujourd’hui, une nouvelle venue, la musique urbaine malgache, s’impose de manière très séduisante en se métissant avec la musique traditionnelle et en gardant les meilleurs aspects. D'Agrad à Mr Sayda en passant par Rak Roots et Martiora Freedom (1), c'est une génération de surdoués qui émerge. 

Par « musique urbaine », il faut entendre les rythmes contemporains en vogue dans le monde depuis quelques décennies : R'n'B, rap, raggae, électro, etc.  A Madagascar, le genre a pris place principalement dans de petites communautés de jeunes citadins. La capitale, bien plus vaste que les autres villes, et recevant des artistes venus de toute la Grande Ile pour s'établir, est de ce point de vue favorisée. Ce genre est populaire ce qui ne veut pas dire qu'il est cantonné aux jeunes des quartiers les plus pauvres : il s’est en effet également implanté chez les jeunes de la bourgeoisie urbaine. Aussi peut-il être considéré comme un élément de brassage plutôt que de ségrégation. Nous verrons que certains des musiciens sont engagés politiquement.


Cette musique est portée par des clips dont la qualité ne cesse de s’améliorer. Quoi de plus facile que de se faire connaître jusqu’au bout du monde grâce à une vidéo mise en ligne sur You Tube ? Encore faut-il, vu le coût d'un clip, se faire adopter par un label. Un des plus connus est Gasy Ploit qui a notamment pris sous son aile protectrice Odyai et Agrad & Skaiz. 
(à suivre)
Agrad & Skaiz : Vavaka



Agrad  feat Roy Rakoto : Diso


 Voir aussi : Kougar et Malm

(1) Quelques-uns des groupes et chanteurs pris en compte dans cet article


Agrad & Skaiz
Arione Joy
Bolo
DJ Gouty
Gangstabab
Jess Flavi One
Jiol’Ambup’s
Jyunii 
Km 613
Kougar
Malm
Marion
Martiora Freedom
Mijah
MMC Jazz
Odyai
Rak Roots (Loïc)
Roy Rakoto
Mr Sayda
Tsota

vendredi 7 octobre 2016

La baie de Saint-Augustin (Sud de Madagascar) en parapente: 2 vidéos

Cette page permet de vous signaler l'existence d'au moins deux montages vidéos consacrés à la pratique du parapente au-dessus de la baie de Saint-Augustin.  C'est l'occasion de revoir du ciel de splendides paysages, mais pas seulement.

Vous trouverez ici le documentaire de Tom de Dorlodot et de son équipe mis en ligne en septembre : Exploring Madagascar by paraglider (HD, 8'32"). Le vol de Nelson, le guide malgache de Sarodrano, est tout à fait émouvant.

Le second documentaire, plus ancien (mise en ligne : janvier 2011), réalisé par des amateurs, est intitulé Parapente Madagascar - Cap au sud (part 03) (9'38"). Il ne manque pas d'intérêt et possède le petit brin de folie que n'a pas le premier.